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ETUDIER SANS REVENUS, C'EST POSSIBLE !!

Il est impressionnant, lorsqu'arrive l'été et qu'abondent les petites annonces pour les logements laissés libres, de constater à quel point le genre étudiant est une espèce toute à fait spéciale aux yeux de la société. Ainsi vous pourrez lire:



Annonce Paru dans le TOP25 - Semaine du 28 Août au 03 Septembre 2012


Oui, l'étudiant - branche d'humanité particulière - se révèle étrangement malléable, doté d'une souplesse à toute épreuve, il se complait dans les endroits confinés et isolés, préférant vivre seul aux milieux d'objets qui ne lui appartiennent pas...



Aussi aux yeux de l'administration universitaire, l'étudiant ne peut exister qu'à travers deux dispositions différentes :

  • demeurant "mineur en prolongation", il vit aux crochets de ses parents : si Papa et Maman sont parvenus à doubler leurs contemporains à la chasse aux emplois à temps plein et durables, il peut compter sur eux financièrement (notons au passage que dans ce système-là, relevant pourtant de l'Etat, au même titre que le système d'imposition par exemple, un ménage vivant avec 4000 euros par mois est considéré de la même façon qu'un foyer qui vit avec 15000, vive la France) ; par contre : si Papa et Maman font partie des perdants du jeu capitaliste, il n'a pas d'autre choix que d'exposer les revenus misérables de ses géniteurs (revenus se révélant incapables d'assumer la responsabilité du développement intellectuel de leur rejeton) ; telle une humiliation consentie par tous, il lui faut alors mendier la grâce de ce même État pour obtenir une bourse.
  • ayant réussi à obtenir une certaine autonomie financière (donc en dehors du foyer fiscal de ses parents) en décrochant un job de livreur de pizzas, de pion, de plongeur, de surveillant en cantine scolaire, de caissier, de baby-sitter ou d'animateur en accueil de loisirs, il parvient à présenter l'équivalent de 3 SMIC nets qu'il lui aura fallu gagner dans l'année précédant sa demande (stade indépassable de pauvreté, semble-t-il, pour le CROUS), équivalent nécessaire à l'attribution d'une Aide d'Urgence Annuelle (relevez le terme "urgence", on se croirait entre la vie et la mort) et se verra soutenu à hauteur de 485 euros par mois à l'échelon 6, appelé dans les milieux concernés "l'échelon du grouillot". Un rapide calcul - les chiffres sont de 2011 - (485x9=4365 puis 4365+3111=7476 puis 7476/12=623 euros par mois) nous démontre que l'étudiant - espèce exceptionnelle de résistance ! - a l'entière capacité de vivre sous le seuil de pauvreté, celui-ci se situant, en France, à environ 850 euros par mois.


Une question demeure en suspend : comment, dans un pays où le chômage des 16-25 ans atteint la barre des 28% ( Source: INSEE et EUROSTAT ), un étudiant peut-il avoir la certitude de présenter chaque été l'équivalent de 3 SMIC ? Quand bien même y accéderait-il, cela signifie purement et simplement qu'il le fait au détriment d'un autre jeune... mais bon, au pays de la croissance toute puissante, ainsi va la concurrence intra-classe. On le voit, pour l'étudiant qui désire vivre en dehors de la dépendance parentale, c'est donc pour lui le parcours du combattant au milieu de la guerre du travail pour ses saintes études. Hélas, à cette bataille-là, nous ne sommes pas tous vainqueurs.

Que faire alors de ces derniers cas d'étude : l'étudiant qui n'a pas trouvé d'emploi(s), et l'étudiant non dupe de toute cette merde socio-économique qui décide délibérément de refuser d'être asservi aux diktats du Marché et qui jamais ne se soumettra à la recherche d'un emploi sous-payé pratiqué dans des conditions de subordination pour au final appartenir aux 8 millions de pauvres de l'économie ultralibérale de l'Hexagone. Attardons-nous un peu sur celui-là : contrairement au premier, notre rebelle ne voit pas, alors qu'il est "majeur et responsable", pourquoi il devrait voir ses parents sacrifier une partie de leurs salaires de smicards pour ses beaux yeux, ni pourquoi il devrait s'évertuer au moins une dizaine d'heures par semaine dans un job alors que la réussite de ses études nécessite un investissement quasi permanent (tandis que les fils à papa peuvent, eux, étudier sans avoir à trimer...). Tu te reconnais ? Tu te sens concerné ? Et bien toi, oui toi l'étudiant non-dupe (et toi aussi le malheureux à qui le CV n'a convenu nulle part), voici pour vous quelques pistes de survie, nous l'appellerons la "Troisième Option".

La Troisième Option te dit :

Ne travaille pas, tu feras le malheur d'un autre ; ne demande rien à tes parents, ils t'ont assez torché ; premièrement, prends tout ce que l’État a à te donner (et c'est bien l'Institution Étatique qui est ciblée ici, non l'ensemble des êtres humains vivant sur le territoire français ou possédant l'identité française), profites-en pleinement, lui n'hésite pas à profiter des richesses que nous créons, il aura tout le temps de se venger dés que tu sortiras du système universitaire et ce, jusqu'à ta retraite, il n'y a donc aucune culpabilité à nourrir (au passage : un petit f**k à tous ceux qui parlent d'assistanat et qui semblent oublier que le mot "Fraternité" figure dans notre devise nationale) ; deuxièmement, mise sur l'entraide, le partage et sur ce que le capitalisme a en aversion : les échanges non-marchands. Non seulement tu auras la satisfaction de vivre pleinement pour ton projet (peut-être un peu plus pauvrement, certes, mais indéniablement plus libre) mais aussi d'être un fléau pour le Capital (et qu'y a-t-il de plus jouissif ?).

Petit mode d'emploi de la Troisième Option :

Comme tu n'as pas de revenus, ton inscription à l'Université sera quand même prise en charge, ensuite, prends un appartement d'au moins 25 m², histoire de te laver les dents sans être obligé de t'asseoir sur la cuvette de tes WC, en ayant pris soin au préalable d'avoir rencontré les agents de la CAF et du CCAS de ton quartier. En accédant aux 182 euros mensuels d'aide au logement, à la caution immobilière d'assistance sociale, à la CMU Complémentaire (Couverture Maladie Universelle) et à un dossier pour la Banque Alimentaire, tu auras accompli la première partie de la Troisième Option. La deuxième partie demande quelques sacrifices : comme ni le gaz, ni l'eau, ni l'électricité ne sont à ta portée, il te faudra manger froid ou sec, mettre des gros pulls l'hiver (tu en trouveras chez Emmaüs), ne pas oublier de remplir des bouteilles d'eau à la fac pour boire un peu quand tu es chez toi (une déshydratation est si vite arrivée) mais surtout pour te laver et faire ta vaisselle (la Banque Alimentaire peut te dépanner du savon), faire autant que possible tes besoins sur ton lieu d'études, dans les toilettes publiques ou chez tes proches, et évidemment : renoncer à la radio, la télévision et le téléphone... cependant n'oublie pas qu'il y a des ordinateurs (avec internet en plus ! ) et la presse en libre accès dans les Bibliothèques Universitaires (quand il y a de la place). Tu vois, même avec la Troisième Option, tu peux rester un citoyen informé. Prends garde à ne pas prendre un appartement... pardon un studio... trop loin de ta fac car dans cette situation, une carte GinkoBus n'est pas permise, il va falloir t'activer les petons (une demi-heure de marche par jour prévient efficacement des accidents cardio-vasculaires, c'est donc tout bénef ! ), à moins que tu ne sois un champion de la fraude. En ce qui concerne l'alcool et les cigarettes, mets une croix dessus, ou taxe des clopes (cependant, tu verras toute ton activité piétonne anti-AVC réduite à néant, et ça ce serait quand même con). Dernière partie de ta marche dans la Troisième Option : t'inscrire et participer au SEL (Système d’Échange Local) de Besançon. En échange de quelques-unes de tes compétences, tu pourras profiter des services proposés par les autres participants du SEL, cela se fait sans argent et te permettra de grappiller quelques légumes, de faire réparer ton vélo (parfois Emmaüs en distribue gratuitement), mais surtout de faire laver ton linge gratuitement ! Et si tu n'as vraiment pas de temps à perdre à filer des coups de mains, pour ton linge adresse-toi aux deux accueils de jour d'assistance à personnes en difficulté de la Ville, endroits où tu auras aussi la possibilité de prendre un petit déjeuner, une douche et de te faire couper les cheveux.

Tu auras remarqué que les seuls malheureux 182 euros dont tu disposeras grâce à la CAF ne sont pas suffisants pour payer tes loyers et ton assurance-maladie (203 euros à l'UFC). Pour cette quantité d'euros qu'il te reste à fournir (tu en auras rarement pour plus de 230 euros mensuels - charges comprises - si tu prends un studio bien pourri, et rassure-toi, ça ne manque pas à Besançon), nous avons la solution : demande au Service Social du CROUS de constituer avec toi un dossier pour obtenir un Fonds de Solidarité pour le Logement (FSL) auprès du Conseil Général du Doubs ou pour t'apporter l'Aide d'Urgence Ponctuelle qui peut monter jusqu'à 1525 euros sur l'année (mais bon, faut pas déconner, c'est la crise, ils ne te donneront pas autant).

Voilà !! Tu es fin prêt pour réussir tes études sans travailler ni ponctionner tes parents.

Pour tout ce qui est culturel, une matinée de chant, de jonglage ou de flute traversière dans la Grande Rue suffira pour récolter les 7 euros nécessaires pour l'achat de la "carte officielle du jeune consommateur" alias la "Carte Avantages Jeune" afin de pénétrer pendant un an dans les hauts lieux de la culture régionale. Sinon tu peux rencontrer les membres de l'Association Multiculturelle des Etudiants de Besançon (AMEB) autour d'un café si tu te rends à la faculté de Lettres (UFR SLHS) de Besançon où ces charmants jeunes gens auront plein de plans-sortie-gratis à te proposer.



Elle est pas belle la vie ?



Mot de l'auteur : J'ai pratiquement vécu ainsi pendant toute la dernière année universitaire 2011-2012, hélas on ne m'a pas accordé de FSL et je n'ai pu obtenir que 600 euros d'aides ponctuelles. Avec l'attente des bouclages de dossiers, j'ai passé deux mois sans mutuelle-complémentaire et trois mois 1/2 sans assurance-maladie, heureusement pour moi je ne suis pas tombé malade, même quand nous avons connu la vague de froid en Février 2012 au moment où le super chauffage de mon studio est tombé en panne. Je n'ai pas non plus réussi à avoir de vélo chez Emmaüs et au bout d'une semaine de petits déjeuners entre des SDF nauséabonds et des alcooliques du matin, j'ai renoncé à me rendre à la Boutique (n'y voyez aucun mépris pour ces pauvres gens qui ne sont qu'un des nombreux reflets de ce qu'une des plus grandes puissances économiques du monde est susceptible de produire). Les services du CCAS (ex : Banque Alimentaire) ne sont pas ouverts aux étudiants, les premiers assistants sociaux que j'ai rencontrés ne voulaient pas me laisser en "profiter" mais, à force d'insistance, l'un d'entre eux a finalement accepté de m'attribuer un dossier dans lequel nous n'avons pas écrit que j'étais étudiant. Jusqu'au mois de Janvier, à une semaine des examens, je n'étais pas certain de pouvoir passer mes partiels du 1er semestre car la commission chargée de l'exonération des frais d'inscriptions à l'UFR SLHS n'avait pas encore statué sur mon cas (s'appuyant sur ma déclaration d'impôts 2009 dont le montant aurait normalement du invalider l'exonération, ça n'aurait pas abouti sans l'intervention spéciale de l'assistante sociale du CROUS). Il m'a fallu vendre quelques habits, bouquins et CDs pour disposer d'un peu de liquide, et grâce à Dieu, mon amour pour la chanson m'a permis en tant que musicien de pouvoir encaisser quelques cachets qui m'ont été d'un grand secours (merci à la Ligue des Droits de l'Homme et au Collectif des Alternatives au Capitalisme de m'avoir sélectionné pour leurs festivals). Si je n'avais pas eu ma petite amie (qui, elle, était boursière), ma famille de prolos, mes potes de l'AMEB et une ligne Ginko peu fréquentée par les contrôleurs de bus, je ne sais pas comment j'y serais arrivé. Passionné d'écriture, j'ai participé au Printemps dernier à un concours national de nouvelles organisé par les CROUS sur le thème de la Vie Etudiante et j'ai déposé un texte à celui de Besançon ; ce texte mettait en scène un jeune étudiant vivant de la manière qui vient d'être exposée et présentait les mêmes explications ; les résultats de ce concours ont été donnés en Juin, je n'ai jamais reçu de réponse indiquant mon inscription ni de message pour me prévenir de ma défaite. Ne pas avoir travailler m'a permis d'étudier à fond et d'obtenir ma licence en terminant major de ma promotion à un point de la Mention Très Bien et avec une note de 18/20 pour mon mémoire ; fils d'employés, issu de familles où personne n'avait même décroché le BAC, je m’apprête à rentrer à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales pour devenir anthropologue. Aux yeux des services universitaires, comme je ne suis ni boursier ni "aidé urgemment", je n'aurai pas droit à l'Aide au Mérite de 1800 euros à laquelle je pourrais pourtant prétendre pour ma première année de master à Paris, ville où un studio de 18 m² peut atteindre un loyer de 750 euros par mois.

Dernière édition le Samedi 21 Octobre 2017 à 20:34

Mis en ligne le Dimanche 19 Août 2018 à 23:20

Auteur:  Sernan

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